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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 16:47

 

Dans ce billet (et le suivant), nous allons voir comment peut s’expliquer la forte croissance de la dette de l’Etat au cours des 30 dernières années, et pourquoi il est particulièrement injuste de rendre les Etats seuls responsables de leurs dettes et de leur opposer la bonne santé financière des plus nantis.

 

Pour cela, reprenons notre petite économie de papayes (dans sa version monétaire bien sûr, puisque nous parlons ici de nos économies contemporaines, donc d’économies monétaires).

 

Replaçons-nous au sein du deuxième mois.

 

Et ajoutons-y l’Etat.

 

On suppose que cet Etat a pour commencer 0 € de dépenses et 0 € de recettes (on pourrait supposer qu’il prélève tant d’€ d’impôts et redistribue cet argent, mais ça nous rajouterait encore deux, voir quatre, flèches, et ne changerait rien à notre affaire).

 

Rappelez-vous, les deux champs produisent au total 200 papayes, que leurs propriétaires espèrent vendre 1 € chacune. Les ouvriers agricoles ont reçu 160 € de salaires. Et le propriétaire du premier champ consomme avec ces 20 € de profits du mois précédent (cf. schéma ci-dessous).

 

 

5.1

 

Nous avions alors remarqué que la demande était de 180 € tandis que l’offre était de 200 € et nous étions demandés comment l’économie pouvait combler cet écart. La réponse proposée était qu’un nouveau champ devait être défriché (cf. billet précédent).

 

Mais il est possible d’envisager également une autre réponse. Imaginons que personne ne souhaite investir, la surproduction est-elle pour autant inévitable ?

 

Non, car l’Etat, s’il souhaite éviter une crise (et son corollaire le chômage), peut essayer de pallier au déficit de demande.

 

Comment ? Il va s’endetter et tenter de pallier à la surproduction en achetant par exemple une partie de la production (ou en versant plus de prestations aux ménages ou des subventions aux firmes pour qu’elles baissent leurs prix).

 

Pour cela, comme l’indique le schéma ci-dessous (et en supposant toujours l’absence d’épargne), il lui suffit d’emprunter 20 € à la banque.

 

La surproduction est alors bien évitée et le profit réalisé par les 2 propriétaires est de 40 €, 20 € chacun. Le 2nd propriétaire peut donc rembourser sa dette à la banque.

 

 

5.2

 

On se retrouve donc avec une situation presque similaire à la précédente, à ceci près que cette fois c’est l’Etat qui s’est endetté.

 

Etudions maintenant ce qu’il va se passer le mois suivant.

 

1/ Les entreprises vont emprunter l’argent nécessaire à la banque pour payer les salaires de leurs employés.

 

 

5.3

 

2/ Les salariés vont consommer. Le propriétaire n°1 également, à partir de son profit du mois précédent. En revanche le propriétaire n°2 ne peut toujours pas consommer, puisque les 20 € de profits qu’il a touché lui ont servi à rembourser sa dette auprès de la banque.

 

3/ Par conséquent, il va une nouvelle fois manquer 20 € pour égaliser l’offre et de la demande. Si l’Etat souhaite éviter surproduction et chômage, il devra donc à nouveau s’endetter de 20 €.

 

 

5.4-copie-1

 

Au final, les deux propriétaires auront réalisé un profit total de 40 €, comme il l’escomptait, tandis que l’Etat est quant à lui désormais endetté de 40 €.

 

Le mois encore suivant, et toujours en supposant que personne n’épargne, les revenus des différents agents (propriétaires et salariés) devraient leur permettre de consommer l’intégralité de la production (comme en témoigne le schéma ci-dessous). Le problème est que l’Etat demeure avec une dette de 40 €. Et s’il tente de la résorber, en prélevant des taxes sur les propriétaires, les salariés ou les entreprises, il diminuera leurs revenus et créera inévitablement une situation de surproduction, donc du chômage, ce qu’il souhaite à tout prix éviter.

 

 

5.5

 

Il devra donc, en l’état actuel des choses, conserver sa dette.

 

On poursuit le raisonnement dans le prochain billet, en intégrant l’épargne et les taux d’intérêts. Mais on peut d’ores et déjà effectuer deux remarques :

 

1/ Si l’Etat ne s’était pas endetté, il y aura eu surproduction et donc des licenciements.

 

2/ Si l’Etat ne s’était pas endetté, les profits des entreprises auraient été beaucoup plus faibles (20 € au lieu de 40), les propriétaires de ces entreprises seraient donc moins riches. Pire encore, le 2nd propriétaire n’aurait pas pu rembourser sa dette et aurait donc fait faillite.

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