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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 12:19

 

Dupont-White

 

Ci-joint un extrait du livre de Charles Brook Dupont-White Essai sur les relations du travail avec le capital (1846 !), un économiste français du XIXe siècle, précurseur du courant économique qu’on a appelé l’école historique allemande et défenseur de ce qu’on appellerait aujourd’hui l’Etat providence.

 

Il nous rappelle qu’il était possible au milieu du XIXe siècle d’être économiste sans tomber dans l’angélisme des socialistes utopiques (puis le manichéisme des socialistes scientifiques, des marxistes) ou dans le trop facile aveu d’impuissance (en fait d’indifférence ?) face à la misère ouvrière des économistes classiques (sous couvert de pseudo-lois naturelles et scientifiques qui se sont pour la plupart révélées fausses).

 

Dupont-White à qui l’on doit également ce passage (page 198 du même bouquin) : « Nous en conviendrons tout d'abord : si l'instruction primaire, telle qu'on vient de l'expliquer, avait pour unique effet d'élever les supériorités naturelles au rang qui leur appartient, le résultat serait incomplet et défectueux. Il n'y aurait là que du saint-simonisme, c'est-à-dire beaucoup pour la capacité, rien pour l'humanité. Or, l'essentiel n'est pas que chacun soit à sa place, mais que la dernière place soit tenable, puisque c'est un homme qui l'occupe ».

 

(Bien dit ! :)

 

Bonne lecture !

 

« Il s'est fait de nos jours une insigne découverte, celle du peu que vaut la Liberté.

 

Paradoxe et blasphème, allez-vous dire.... Nous en appelons de cet arrêt à une simple distinction qui sera toute notre apologie.

 

Certaine liberté est excellente sans doute, mais seulement celle qui signifie gouvernement d'une nation par elle-même. — Que si l'on entend par ce grand mot le moins de gouvernement possible, il n'y a là qu'une chose médiocre et trompeuse.

 

La liberté, pour quelques esprits, c'est la faiblesse du gouvernement, l'humilité de son rôle, la pauvreté de ses attributions. Peu leur importe que le pouvoir soit l'élu et le surveillé de la nation, leur maxime n'en est pas moins celle-ci : le tenir constamment en échec et en défiance ; substituer en toute matière l'action des individus à celle de la société ; exclure l'État de tout ce qui concerne le culte, l'enseignement, les travaux publics, et lui interdire notamment toute intervention dans les choses d'industrie.

 

C'est ce genre de liberté qui semble désormais frappé de défaveur, et dont l'expérience nous signale chaque jour les lacunes, les imperfections, les impuissances.

 

Que le pouvoir s'abstienne, qu'il soit inactif et par cela même inoffensif, c'en est assez pour le très petit nombre que la nature ou la fortune ont bien traité ; c'en est trop peu pour les masses qui veulent être non-seulement épargnées, mais assistées, et qui perdent à cette inertie du pouvoir leur meilleure chance de tutelle et de réhabilitation.

 

Autrefois, on le sait, le pouvoir avait la prétention d'exister par lui-même : il était propriété plutôt que magistrature, et à ce titre l'abus était de son essence. De là quelques publicistes ont conclu qu'il fallait circonscrire et entraver tout pouvoir ; que le bonheur et la dignité des peuples étaient uniquement à ce prix ; que le progrès n'avait pas d'autre voie à suivre, ni d'autre triomphe à désirer. C'est parmi eux que le gouvernement s'est appelé un mal nécessaire.

 

Étroite et fausse logique, comme si toute souffrance tenait aux institutions ! Comme si la nature n'avait pas fait les hommes inégaux en tous sens, c'est-à-dire esclaves nécessaires, victimes prédestinées les uns des autres ! Laissez donc force au pouvoir pour corriger l'œuvre vicieuse de la nature : Tout en le constituant sur d'autres bases, tout en assurant l'emploi tutélaire de cette force par des garanties d'élection et de contrôle, laissez-la lui vive et intacte pour les fins essentielles de la société, c'est-à-dire pour la protection de toute faiblesse, pour la répression de tout égoïsme.

 

S'en prendre à la nature du pouvoir des vices de son organisation ; le réputer malfaisant par essence, tandis qu'il ne l'est que par l'accident de sa constitution, telle fut la méprise de ces publicistes.

 

Les grandes assemblées de la révolution n'avaient eu garde de se fourvoyer de la sorte. Avec un juste sentiment de toute la mission de l'État, elles avaient dit : liberté, égalité, fraternité. C'est-à-dire, non-seulement le pouvoir sera l'élu de la nation, non-seulement il cessera de favoriser le patricien, mais encore il prendra sous son aile, il couvrira de sa protection, cette immense majorité du peuple vouée jusque-là aux spoliations et aux avanies : à l'œuvre de la délivrance, il ajoutera celle de la réparation.

 

Or, nous avons à cette heure l'égalité : c'est chose acquise que la ruine des castes, que le triomphe du niveau légal. — Nous acquérons chaque jour plus de liberté car chaque jour nous prenons plus de part à la collation et à la direction du pouvoir. — Mais l'exercice de ce pouvoir pour le bien du plus grand nombre, son effort constant pour la réhabilitation des masses, la fraternité, en un mot, voilà ce qui manque à l'exécution du programme révolutionnaire. — Est-ce assez que tous soient égaux devant la loi ? Est-ce assez même que cette loi ne soit plus l'œuvre d'un homme ni d'une caste, si elle permet, sous prétexte de liberté, les oppressions qu'elle ne consacre plus, et si le droit du plus fort, banni des institutions, peut revivre spontanément, et se déployer tout à l'aise dans des mœurs et dans des œuvres nouvelles ? »..

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Published by Ette Rodox - dans Lectures
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commentaires

plombier montreuil 27/11/2014 14:19


un livre tres interessant 

plombier aubervilliers 27/11/2014 14:17


j'aime beaucoup ce livre 

plombier saint denis 27/11/2014 14:15


j'aime bien ce blog

clovis simard 26/04/2013 12:55


·        Description : Mon Blog, présente le développement mathématique de la conscience c'est-à-dire la présentation de la théorie du Fermaton. La liste des questions mathématiques les plus importantes pour le siècle à venir, le No-18 sur la liste de Smale est; Quelles sont les limites de l'intelligence tant qu'humaine et
artificielle.

forex en ligne 31/10/2011 23:35


Wall Street a passé en taillée baisse lundi, l'enthousiasme initial né de la crête européen de la semaine benjamin se dissimulant au sein de de tous les investisseuse qui se poser une question de
nos jours non plus avec les moyens de paramétrer la crise de la dette de la zone euro mais divisé par leurs usage.aires demeurent un engin de trading fort entendu certains traders privés comme
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