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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 18:25

 

En plaçant les courbes IS et LM dans un même plan, on retrouve le graphique présenté dans le premier billet sur IS-LM. Ce graphique nous donne, au point de rencontre des deux courbes, le niveau de production d'équilibre et le taux d'intérêt d'équilibre.

 

IS LM 1

 

On a vu que si l'Etat menait une politique de relance budgétaire, la courbe IS se déplaçait vers le droite, ce qui induisait une augmentation de la production et une élévation des taux d'intérêts.

 

IS LM 2

 

Qu'est-ce qui se passe précisément ?

 

Voilà ce que nous dit IS-LM :

 

Si l'Etat augmente ses dépenses (en passant d'avantage des commandes et/ou en versant d'avantage de prestations sociales) → les gens vont avoir un revenu plus élevé → ils vont donc consommer d'avantage → ils vont donc avoir besoin de plus de monnaie pour réaliser leurs transactions → il vont donc demander d'avantage de monnaie → ce qui, à offre de monnaie constante, va faire augmenter les taux d'intérêts.

 

La question qui tue est la suivante : mais avec quoi l'Etat relance l'économie ?

 

Une chose est sûre, il ne la relance pas avec de l'argent, puisqu'ici la seule demande de monnaie supplémentaire émane des ménages, pour régler leurs achats.

 

Il faut vraiment que vous compreniez bien ce point : dans notre monde réel, si l'Etat souhaite augmenter ses dépenses pour relancer l'économie, il va devoir avant toute chose trouver de l'argent. Cet argent il va le trouver auprès des banques (qui pourront le créer à partir de rien), des marchés financiers, des ménages, etc.. Et c'est seulement à partir du moment où il aura cet argent qu'il pourra payer, par exemple, plus de prestations aux ménages en espérant que cela relancera la consommation, etc.. Cet argent se retrouvera alors sur les comptes des ménages, qui l'utiliseront (ou pas) pour consommer.

 

Ce n'est pas le cas pour le modèle IS-LM. Ici, l'Etat relance l'économie on-ne-sait-pas-avec-quoi, ce qui accroit le revenu des ménages on-ne-sait-pas-comment, ce qui les incite à consommer d'avantage, et c'est seulement à ce moment-là que l'argent entre en jeu. Car les ménages, étant plus riches, vont vouloir échanger une partie de leur richesse contre de l'argent auprès de la banque centrale, ce qui va augmenter la demande globale de monnaie dans l'économie, et faire monter les taux d'intérêts, etc.

 

Il faut bien comprendre que c'est toute la partie « production, investissements, paiements des salaires, des matières premières, etc. » du modèle, qu'elle vienne de l'Etat ou des entreprises, qui ne nécessite pas d'argent, n'entre jamais dans la demande de monnaie, la seule chose qui rentre dans la demande de monnaie venant des 3 motifs que l'on avait évoqué précédemment.

 

Mais alors avec quoi se règlent les transactions que nécessitent la production, l'investissement, le paiement des salaires, des matières premières, etc.. ? On en revient à ce qui a été dit dans les billets 2.7 et 2.8, l'économie est relancé avec une chose qui n'est pas de la monnaie. Une chose qui est acceptée par les ménages et les entreprises comme revenu, mais qui n'est pas de l'argent, qui ne permet pas de consommer, qui n'est pas créée par les banques, etc.. bref qui n'a rien à voir avec la monnaie qui circule dans notre monde réel..

 

Ce qui pose quelques problèmes car :


1/ Ce n'est pas comme ça que les choses se passent dans la réalité.


Et 2/ le capitalisme tire une grande partie de ses propriétés des règles de création et destruction monétaire, comme on l'a déjà un peu esquissé avec la question de l'origine des profits et la présentation de la loi des profits de Kalecki. Donc, en niant le côté monétaire de la production, le modèle va passer à côté des propriétés caractéristiques de nos économies, qui sont des économies monétaires. C'est-à-dire tout simplement des économies où on ne rémunère pas ses employés (et soi-même) sous forme de « troc », avec des biens et des services, mais avec de l'argent.

 

De nombreuses critiques (au demeurant pertinentes) ont été faites sur le modèle IS-LM par les économistes du courant dominant, (son manque de micro-fondements, son caractère globalement statique, le fait qu'il ne traite que du court terme, le fait qu'il n'est rien dit sur la manière dont l'équilibre est atteint, etc..), ce qui  a conduit ce modèle à être largement transformé ou complètement abandonné (en même temps que ses aspects keynésiens, qui constituaient sa grande originalité). Mais une critique incontournable aux yeux des hétérodoxes est cette non-insertion de la monnaie à la production. Critique à laquelle les économistes orthodoxes n'ont pas jugé bon de s'intéresser..

 

De toute façon, dès que vous émettez le souhait d'intégrer la monnaie à la production (parce que tout simplement ce sont comme ça que les choses se passent !) vous êtes hétérodoxe, bizarre tendance gauchiste.. Ca reste quand même pour moi un grand mystère..

 

En outre, si le modèle IS-LM ne décrit pas une économie monétaire, il ne décrit pas non plus une économie de troc, puisqu'il y a bien de la monnaie, mais qu'elle sert juste à la consommation. Il n'a même pas vraiment de cohérence interne, car une fois la monnaie demandée par les ménages, que devient-elle ? Si elle sert à la consommation, elle va donc atterrir dans les caisses des entreprises, mais alors qu'en font-elles puisqu'elles ne paient pas leurs salaires et autres dépenses avec ?

 

Ce que je dis pour le modèle IS-LM reste vrai pour la totalité des modèles orthodoxes : ils ne représentent pas le fonctionnement d'une économie monétaire (qu'on m'en montre juste un !) qui est pourtant la réalité. Et tous les plus grands ont utilisé et utilisent ces modèles, et aucun ne s'émeut de ce problème, comment le comprendre ? En partie sûrement par le schéma de reproduction évoqué par Robinson à la fin de ce billet, l'autre partie j'avoue avoir du mal à l'expliquer..

 

Je conclue le billet en posant quelques questions aux lecteurs du blog qui ont suivi une formation en économie, ont appris ce modèle et même peut-être l'enseignent (comme par exemple Serenis Cornelius, MM, Maule, Yannick, Strummer..) :

 

- Etes-vous d'accord que le fait d'insérer la monnaie à la production va changer beaucoup de choses (possibilité de crises de surproduction par exemple, absentes d'un système de troc, loi de détermination des profits différentes, endettement de l'économie lié à l'existence d'une monnaie d'endettement créée par les banques, ce qui posera d'autres problèmes, etc..) ?


- Etes-vous d'accord qu'un modèle macroéconomique qui ne prend pas en compte ces faits passe par conséquent à côté de toutes ces choses, essentielles pour comprendre le fonctionnement d'une économie capitaliste, et aura donc bien du mal à décrire la nature réelle de cette économie ?


- Etes-vous d'accord que le simple fait d'insérer la monnaie à la production vous disqualifie directement dans la profession ? Le meilleur exemple étant Kalecki, dont sa célèbre loi n'est enseignée quasiment nulle part, alors qu'elle n'a aucune concurrence dans les théories économiques dominantes, puisqu'aucune ne se pose la question de l'origine de profits réalisés en monnaie ?


- Si vous avez un non, exprimez-vous ! Si vous avez 3 oui, pourriez-vous nous donner votre interprétation de cette surprenante omission ?


- + question pour Serenis Cornelius : si vous avez répondu oui à la première question, êtes-vous d'accord qu'un résultat issu d'un modèle sans monnaie (à la production) sera difficilement compatible avec un résultat issu d'un modèle avec monnaie. Et que par là, même sans ressentir aucune animosité envers les économistes du courant dominant,  voir les conclusions de leurs théories, etc.. on ne peut d'un point de vue scientifique que difficilement concevoir une conciliation entre ces deux théories (au moins sur certains points, mais qui sont essentiels) ?

 

Merci d'avance..

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 11:00

 

J’avais commencé par faire un long exposé sur la courbe LM, mais finalement je trouve qu’on y perd le message essentiel et que ça risque en plus d’en décourager un certain nombre, donc vous aurez au final une version plus light !

 

La courbe LM est très représentative de la théorie de la monnaie exogène, et plus largement de la théorie monétaire keynésienne telle qu'elle a existé jusque dans les années 70.

 

Elle dépend, comme dans toutes bonnes théories monétaires exogènes, d’une offre et d’une demande de monnaie.

 

L’offre de monnaie correspond à la quantité de monnaie que la banque centrale décide d’injecter dans l’économie.

 

La demande de monnaie est déterminée quant à elle par les trois motifs (de transaction, de précaution et de spéculation) que nous avons vus ici.

 

Cette demande de monnaie va donc notamment dépendre du motif de transaction. Or, d'après ce motif, la demande de monnaie dépend du niveau de production de l’économie. En effet, si le niveau de production (ou quantité de richesses produites) est plus grand, les ménages vont avoir besoin de d’avantage de monnaie pour assurer leurs transactions.

 

Ceci dit, imaginons que la banque centrale ait déterminé qu’il y aurait un certain montant de monnaie dans l’économie, pas plus pas moins. Et imaginons que le niveau de production augmente. Que va-t-il se passer ? Plus la production sera forte, plus les ménages auront besoin d’argent pour consommer biens et services (motif de transaction), donc plus la demande de monnaie sera importante.

 

Or que se passe-t-il quand l’offre d’une marchandise reste constante et que la demande de cette marchandise augmente ? Son prix s’élève. Eh bien c’est la même chose pour la monnaie, si son offre reste constante et que sa demande augmente, comme c’est le cas dans notre exemple, son prix, c’est-à-dire le taux d’intérêt, s’élève.

 

Par conséquent, pour une même offre de monnaie, si le niveau de production s’élève alors la demande de monnaie, et donc le taux d’intérêt, augmente. Et inversement si le niveau de production diminue.

 

Par conséquent, pour une même offre de monnaie :

  • si Y augmente i augmente
  • et si Y diminue i diminue.

 

Ce qui donne la courbe LM :

 

IS LM 8

 

Et si l’offre de monnaie augmente, parce que la banque centrale mène une politique monétaire expansionniste, alors pour un même niveau de production, le taux d’intérêt diminue (car il y aura plus de monnaie offerte par la banque centrale, mais toujours autant de monnaie demandée vu que le niveau de production n'a pas varié). Et inversement si la banque centrale mène une politique monétaire restrictive.

 

Donc :

  • Si Y est constant et que l’offre de monnaie augmente i diminue. La courbe LM s'est déplacé vers la droite.
  • Si Y est constant et que l’offre de monnaie diminue i augmente. La courbe LM s'est déplacé vers la gauche.

IS LM 9


Voilà pour LM..

 

Et si vous avez eu le courage de tenir jusqu'ici, alors rassurez-vous il ne reste plus qu’à coller IS et LM sur le même graphique et à analyser tout ça !

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 10:23

 

Comment se construit la courbe IS ?

 

La courbe IS est la courbe keynésienne par excellence. Elle vous dit que si la demande augmente, la production augmentera d’autant. Autrement dit, si on consomme d’avantage, les entreprises produiront plus pour pouvoir répondre à cette consommation.

 

Ca n’a l’air de rien comme ça, mais cette courbe constitue à elle seule une petite révolution scientifique. Concevoir, pour des économistes habitués à ne jamais penser en termes d’insuffisance de la demande, qu’une augmentation de la demande puisse stimuler la production et donc que la faiblesse de la production puisse s’expliquer par la faiblesse de la demande, constituait un profond bouleversement intellectuel. Et il y a fort à parier que si un tel concept avait été présenté avant la dépression des années 30 et son chômage de masse, personne n’y aurait prêté attention (d’ailleurs cela a dû arriver à plusieurs reprises, mais comme personne n’y a prêté attention.. :). Ou du moins n'aurait pas fait mouche (comme ce fut le cas avec Malthus par exemple, qui évoqua la possibilité de crises de sous-consommation un siècle auparavant, mais ne fut pas repris).

 

La courbe IS est à ce titre l’enfant du désarroi intellectuel dans lequel la dépression des années 30 a plongé les économistes, qui étaient alors incapables de comprendre ce qui se passait sous leurs yeux, malgré 150 ans de recherche en science économique..

 

Cette courbe IS nous dit donc qu’à court terme la demande détermine la production. Quelles sont les trois grandes composantes de la demande ?

 

  • La consommation des ménages (C).
  • L’investissement des entreprises (I). 
  • Les dépenses publiques (G).

 

Supposons que C = 100 euros, I = 30 euros, et G = 50 euros. Que nous dira la courbe IS ? Que la demande (globale) est de : 100 + 30 + 50 = 180 euros, et donc que les entreprises, qui produisent en fonction de la demande, produiront pour 180 euros de biens. Et si la consommation passe à 110 par exemple, la demande globale sera de 190 et donc la production (Y) passera à 190.

 

 

2e point : Nous l’avons vu dans le billet précédent, la courbe IS est placée dans un graphique ayant pour ordonnée le taux d’intérêt (i). Quel est l’influence du taux d’intérêt sur la demande, et donc sur la production ?

 

Il est supposé que le taux d’intérêt n’a pas (ou si peu que pas) d’influence sur la consommation. De même pour les dépenses publiques. En revanche, il est supposé qu’il en a une sur l’investissement. En effet, si le taux d’intérêt est faible, il est moins coûteux d’emprunter, donc moins coûteux d’investir (car il est supposé qu’une bonne partie des entreprises qui investissent recourent à l’emprunt), et donc les entreprises vont investir d’avantage. Or si les entreprises investissent d’avantage, la demande globale augmente, donc la production augmente.

 

Taux d’intérêt faible (i faible) il est moins coûteux d’emprunter il est moins coûteux d’investir les entreprises investissent d’avantage (I augmente) la demande globale (C + I + G) augmente la production (Y = C + I + G) augmente. 

 

Et inversement si le taux d’intérêt est fort.

 

Donc, plus i est fort plus Y est petit, et plus i est faible plus Y est grand. Ce qui donne à la courbe IS l’allure suivante :

 

IS LM 6

 


3e point : Et que se passe-t-il si la dépense publique augmente, par exemple ?

 

Eh bien pour un même taux d’intérêt, la demande globale, donc la production, sera plus forte. Ce qui équivaut, graphiquement, à un déplacement de IS vers la droite.

 

IS LM 7

 

Et si la consommation des ménages augmente ? Même chose.

 

Et inversement.


 

C’est pas plus compliqué que ça pour IS ! Prochain billet : la courbe LM. Et dans deux billets : une analyse du modèle, révélatrice de la manière dont les néokeynésiens conçoivent la monnaie..

 

(PS pour parer à d'éventuelles remarques : j'ai squizzé l'histoire du multiplicateur qui n'apporte à mon avis ici rien de plus à la démonstration)

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 17:23

 

Le modèle IS-LM est certainement le plus célèbre des modèles économiques. Il a connu un formidable succès dans les 30 années qui ont suivi la seconde guerre mondiale. Tous les économistes, mais aussi les gouvernements ou les gouverneurs des banques centrales, se servaient alors de ce modèle où de modèles qui en dérivaient. Seuls quelques « rebelles », des hétérodoxes ou des gens comme Friedman, que je qualifierais d’ « ultra-orthodoxes », rejetaient ce modèle. Finalement, ce sont les ultra-orthodoxes qui l'emporteront dans les années 70, et parviendrons à « ringardiser » ce modèle. Néanmoins, il passe pour tellement pratique à utiliser et décrit des choses que tellement peu de modèles parviennent encore à expliquer, qu'il continue à être universellement enseigné, et même utilisé, pour expliquer l'impact des politiques monétaires et budgétaires.

 

Car là est toute la puissance du modèle IS-LM, il parvient à rendre compte des effets des politiques monétaires et budgétaires dans un sens qui semble en adéquation avec la réalité, ce qui n'est pas si courant en économie !

 

Le modèle IS-LM est LE modèle keynésien présenté aux étudiants. Donc si vous évoquez IS-LM à un étudiant, dans sa tête ça fera tout de suite tilt : vous êtes un keynésien ! Pourquoi dit-on que ce modèle est keynésien ?

 

  • Parce qu'il explique que l'Etat peut par une politique de relance faire baisser le chômage, ce que disait justement Keynes.

 

  • Parce qu'il admet l'existence d'un chômage involontaire, comme le pensait Keynes. Car rappelez-vous qu'avant Keynes, avant les années 30 et la crise de 29, la quasi-totalité des économistes étaient persuadés que le chômage involontaire ça n'existait pas ! Les chômeurs étaient forcément tous des chômeurs volontaires..


  • Parce qu'il explique le chômage non par le niveau trop élevé des salaires, à cause des syndicats et du SMIC etc., mais par l'insuffisance de la demande.

 

Je disais dans le premier paragraphe que les ultra-orthodoxes l'avaient emporté dans les années 70 et étaient parvenus à ringardiser ce modèle. La conséquence principale en a été que, depuis, l'écrasante majorité des modèles construits par les économistes expliquent à l'inverse :

 

  • Qu'une politique de relance par l'Etat ne permet pas de faire baisser le chômage, ou alors très temporairement. Elle serait inutile à moyen terme et même nocive pour la croissance à long terme. Point qui fait désormais consensus parmi les économistes, comme nous le rappellent Blanchard et Cohen à la fin de leur bouquin. Ce « consensus » était tout autre il y a 30 ans..

 

  • Que les chômeurs seraient redevenus volontaires, comme le montre par exemple la théorie des cycles réels, dont les auteurs ont été « nobélisés » en 2004.

 

  • Que la cause principale du chômage, c'est l'existence de salaires trop élevés. Comme le décrit fort bien Laurent Cordonnier dans sa satire « Pas de pitié pour les gueux ».

 

En quelques mots, voici comment l'histoire de la pensée économique des 60 dernières années est résumée aux étudiants :

 

  • Keynes « découvre » dans les années 30, que le chômage peut être involontaire, la demande insuffisante et l'Etat utile pour lutte contre tout ça.

 

  • Puis, dans les années 70, les économistes s'aperçoivent que Keynes et ses adeptes avaient oublié de prendre en compte certains trucs dans leurs modèles, en qu'en le faisant, eh bien l'Etat n’était plus si utile que ça et l’insuffisance de la demande plus si plausible que ça. Tous les « grands » (marco)économistes aujourd'hui travaillent à partir de ces nouveaux modèles.

 

  • Bon, mais on continue quand même à vous enseigner IS-LM, en partie à titre historique, en partie pour sa simplicité, mais surtout parce que les nouveaux modèles n'arrivent pas à rendre compte aussi bien de la réalité qu'IS-LM..


Ok.. 

 

Après ce « préambule » (un poil plus long que prévu), passons à l'autopsie du modèle.

 

Qu’est-ce que ce modèle IS-LM ?

 

Tout simplement deux courbes, appelées IS et LM, qui se croisent dans un graphique (cf. ci-dessous) ayant pour abscisse le niveau de production (Y) et pour ordonnée le taux d'intérêt sur la monnaie (i), c'est-à-dire le taux d'intérêt dont vous devrez vous acquitter si vous empruntez de l'argent.

 

L'équilibre de l'économie se situe au point de rencontre des deux courbes. Ce point donne le niveau de production à l'équilibre (Yéq) et le taux d'intérêt à l'équilibre (iéq).


 

IS LM 1

 

Dans le prochain billet nous étudierons le cœur du modèle, comment sont construites ces courbes, et c'est là où ça deviendra intéressant ! Pour l'instant je vous propose juste de comprendre la surface des choses, comment s’utilise ce modèle.

 

Ce modèle vous dit que si le gouvernement mène une politique de relance budgétaire, en augmentant ses dépenses, cela va déplacer la courbe IS vers la droite (cf. schéma). Ce qui entraîne une augmentation de Y (Y’éq), donc du niveau de production, de même que des taux d'intérêts (i’éq) (au fait j'ai oublié de le préciser mais le modèle IS-LM est un modèle de court-terme, il n'explique que ce qui se passe à court terme. Pour un plus long terme, il y a dans un esprit à la fois similaire et très différent, le modèle OG-DG (offre globale - demande globale) dont nous (re)parlerons sûrement).

 

IS LM 2

 

A l'inverse, il nous dit que si le gouvernement mène une politique de rigueur budgétaire, la courbe IS se déplace vers la gauche, ce qui entraîne une diminution de la production (Y’’éq), ainsi que des taux d'intérêts (i’’éq).

 

IS LM 3

 

Les choses se passent de la même manière pour la courbe LM. Si la banque centrale mène une politique expansionniste, la courbe LM se déplacera vers la droite, ce qui provoquera une augmentation de la production Y ainsi que (contrairement à tout à l’heure) une baisse des taux d’intérêt.

 

IS LM 4

Et si c’est une politique monétaire restrictive qui est menée, la courbe LM se déplacera vers.. la gauche. La production diminuera et les taux d’intérêts augmenteront.

 

IS LM 5

Or il semble que c’est bien ce qui se passe, lorsque l’Etat mène un politique de relance la production augmente (et inversement pour une politique restrictive) et quand la banque centrale conduit une politique monétaire expansionniste la production augmente (et inversement en cas de politique monétaire restrictive). On voit alors toute la puissance du modèle, qui permet avec simplement deux courbes dans un graphique d'expliquer les effets des politiques budgétaires et monétaires.

 

Oui, mais…..

….on en reparle dans le prochain billet !

 

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