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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 11:29

Dans un billet publié la semaine dernière sur son blog, Yannick Bourquin évoque un « travail théorique et empirique de cinq spécialistes du marché du travail » qui « aboutit à cette conclusion qui choque l'intuition : recruter des fonctionnaires accroît le chômage ». Plus précisément, « la création de 100 emplois publics détruit [en moyenne] 150 emplois privés ».

 

Voici le lien du billet de Yannick :

http://quedisentleseconomistes.blogspot.com/2010/03/leconomie-est-contre-intuitive-lemploi.html.

Et pour ceux qui ont accès à la plateforme Jstor, voici le lien de l’article en question :

http://www.jstor.org/stable/1344671.

On peut également en trouver une version préliminaire, en libre accès, à cette adresse :

http://eurequa.univ-paris1.fr/membres/azyl/pdf/Public%20Employment.pdf.

 

A la fois intrigué par ce résultat et fort curieux de connaître comment ces « spécialistes du marché du travail » étaient arrivés à cette conclusion, je me suis lancé dans la lecture de ce fameux article. Et c’est du modèle économique développé dans cet article, qui sert de base à l’estimation économétrique (statistique) donc à l’obtention du résultat 100 empois publics détruisent 150 emplois privés, dont j’aimerais vous parler dans ce billet.

 

Juste avant de commencer, je voudrais préciser que, même si les résultats de ce billet étaient valides (vous en jugerez par vous-mêmes), les auteurs précisent qu’ils ne sont significatifs que pour 3 des 17 pays étudiés, ce qui devrait inciter à une certaine prudence dans leur présentation. Mais on connaît l’avenir réservé à ce type d’articles, le principal résultat seul, sans les astérisques, commence par être repris ici et là, puis on le retrouve quelques années plus tard dans la bouche d’un homme politique souhaitant donner une assise scientifique à ses opinions. Enfin ce résultat prend la forme d’une vérité générale, comme tout le monde le sait, la création d’emplois public ne réduit pas le chômage, bien au contraire. Comme tout le monde le sait, créer de l’argent génère de l’inflation, etc. Par ailleurs, il est assez amusant de constater que l’article commence par un graphique qui semble au contraire suggérer que plus il y a de fonctionnaires dans un pays, plus le taux de chômage de ce pays est faible. Exactement le contraire de ce que nos auteurs souhaitent démontrer. Mais rassurons-nous ce ne sont là que des données brutes, ça ne compte pas vraiment..

 

emploi public - chômage

 

Place donc au modèle. Par un souci pédagogique (qui ne m’est pas toujours très familier) je vais diviser la présentation en plusieurs parties.

 

1. La population en âge de travailler

 

Les auteurs divisent la population en âge de travailler en 5 catégories. Il y a :

- les travailleurs du secteur privé

- les travailleurs du secteur public

- les chômeurs qui cherchent un emploi dans le secteur privé (qu’on appellera chômeurs du secteur privé)

- les chômeurs qui cherchent un emploi dans le secteur public (qu’on appellera chômeurs du secteur public)

- et les gens qui pourraient mais ne souhaitent pas travailler.

 

2. Le secteur privé

 

Les auteurs annoncent très explicitement qu’ils ne prennent pas en compte le côté demande dans l’économie, par conséquent le chômage ne peut donc pas provenir d’une faiblesse de la demande, il n’y a pas de chômage « keynésien ». Dès lors, en affirmant que « cette analyse montre qu'il est très dangeureux de vouloir analyser le chômage comme une pénurie d'offres d'emplois », Yannick se trompe, cette analyse pose comme postulat que le chômage ne résulte pas d’une pénurie d’offres d’emplois.

Les salariés et entrepreneurs du secteur privé pourraient donc couler des jours heureux et vivre sans la crainte du chômage en produisant un maximum (vu que le problème de l’écoulement des marchandises est écarté). Malheureusement, probablement à cause de l’égoïsme humain, du corporatisme et d’un certain laxisme étatique, il existe dans cette économie des syndicats. Or qui dit syndicats, dit salaires trop élevés, au-dessus de leur niveau d’équilibre, au dessus de leur niveau juste (mais si vous savez, le salaire juste, celui auquel était payés les ouvriers au XIXe siècle), et qui dit salaires trop élevés dit bien évidemment.. chômage (et n’allez pas me dire que des gens avec des salaires plus élevés consommeraient plus ce qui pourrait stimuler la croissance vu qu’on vous dit qu’on ne s’intéresse pas à la demande !! c’est quand même pas bien compliqué à comprendre !).

Le secteur privé de notre économie comprend donc à la fois des salariés trop payés et des chômeurs qui ne seraient pas au chômage si les salariés acceptaient d’être moins payés.

 

A noter également que le taux de chômage ne dépend pas de la population. Si la population double par exemple, le nombre d’offres d’emploi émanant des entreprises augmentera spontanément pour que le taux de chômage reste à son niveau antérieur. A l’inverse si la population diminue (par exemple si vous envoyez tous les chômeurs sur une île déserte), le nombre d’emplois disponibles diminuera spontanément jusqu’à ce que le taux de chômage soit revenu à son niveau naturel, déterminé par les seuls excès de salaire dont bénéficient les personnes employées.

 

3. Le secteur public

 

L’histoire est à peu près la même pour le secteur public. Il existe un syndicat qui négocie les salaires avec l’Etat et un Etat qui produit des biens publics pour satisfaire ses citoyens. On comprend que si les salaires sont plus élevés, l’Etat produira moins de biens publics car cela lui coûtera plus cher. Il existe donc également dans le secteur public à la fois des salariés et des chômeurs. En revanche, contrairement au secteur privé, les emplois ne se détruisent pas ou n’apparaissent pas spontanément pour s’adapter à la population.

 

4. Le bonheur des Hommes

 

Les auteurs supposent que le bien-être des différentes catégories de travailleurs va dépendre à la fois des salaires et du taux de chômage. Ils supposent que le bien-être des gens qui travaillent est supérieur au bien-être des gens au chômage.

Par exemple, supposons que la population active est de 1000 dans le secteur privé, que le taux de chômage est de 10% (il y a donc 900 travailleurs et 100 chômeurs), que les gens qui travaillent ont un bien-être de 10 et que ceux qui ne travaillent pas ont un bien-être de 5.

Le bien-être moyen dans le secteur privé sera alors de :


calcul emploi public - chômage


Idem pour le secteur public..

 

Les auteurs nous expliquent qu’à l’équilibre le bien-être dans le secteur public doit être identique au bien-être moyen du secteur privé. Car si le bien-être moyen du secteur public, par exemple, venait à être supérieur au bien-être moyen du secteur privé, les gens du secteur privé migreraient vers le secteur public où il fait mieux vivre.

 

5. Le cœur du modèle : l’évincement des emplois privés par les emplois publics

 

Voici donc le cœur du raisonnement, qui explique pourquoi la création d’emplois publics, en supprimant des emplois dans le privé, contribuerait à accroître le chômage.

 

Imaginons tout d’abord la manière dont raisonne un bienveillant mais benêt gouvernement, en conservant une partie du cadre présenté ici. Ce gouvernement suppose qu’en créant des emplois publics, il diminue le chômage dans le secteur public, ce qui augmente le bien-être moyen du secteur public (car il y a toujours autant de fonctionnaires, avec un bien-être plus fort, mais il y a moins de chômeurs, dont le bien-être est plus faible). De ce fait, des chômeurs du secteur privé, voyant que le chômage est plus faible dans le secteur public iront chercher du travail dans le secteur public et, pense t’on naïvement, cela diminuera le chômage à la fois dans les secteurs publics et privés.

 

Mais voici le raisonnement qu’on doit faire et que font les auteurs en suivant scrupuleusement les hypothèses du modèle.

 

Supposons que le gouvernement souhaite augmenter le nombre de fonctionnaire. Que va-t-il se passer ?

 

Tout d’abord le bien-être moyen dans le secteur public va augmenter.

 

Cela va alors donner envie aux gens du secteur privé d’aller dans le secteur public où le bien-être moyen est maintenant supérieur. On devrait s’attendre à ce que seuls les chômeurs du secteur privé migrent vers le secteur public, un salarié du secteur privé ayant toujours un bien-être supérieur à un chômeur du secteur public.

Mais les auteurs ne considèrent que le bien-être moyen de la population active (chômeurs + salariés) du secteur privé et non d’un côté le bien-être des chômeurs et de l’autre celui des salariés. Dès lors, si le bien-être moyen du secteur public devient supérieur au bien-être moyen du secteur privé, ce ne sont pas seulement les chômeurs du secteur privé qui vont migrer vers le chômage public, mais l’individu moyen du secteur privé, dont la partie gauche du corps et un bout de la partie droite ont un travail tandis que l’autre bout de la partie droite est au chômage. Ce qui revient à dire que, suite aux créations de postes de fonctionnaires, ce ne sont pas seulement des chômeurs du secteur privé mais également des salariés du secteur privé qui vont quitter leur emploi pour se retrouver au chômage dans le secteur public !! Et les auteurs montrent même ainsi que, si les salaires du public sont supérieurs à ceux du privé, alors pour un certain nombre de postes créés dans le public vous allez avoir un nombre plus important encore de personnes du privé qui vont quitter leur travail pour se retrouver au chômage dans le secteur public !! Tout ça pour égaliser le bien-être moyen dans le secteur public et le secteur privé ! Mais, me direz-vous, si des salariés du secteur privé quittent leur emploi pour se retrouver au chômage dans le secteur public, tant mieux !, cela va créer des postes vacants pour les chômeurs du secteur privé. Mais non, car comme on l’a dit précédemment, le taux de chômage du secteur privé dépend uniquement des salaires trop élevés négociés par les syndicats, en aucun de la population considéré. Donc si des personnes quittent leur travail ou leur chômage du secteur privé, cela va automatiquement détruire des emplois dans le secteur privé jusqu’à ce que le taux de chômage revienne à son taux naturel, déterminé par le degré d’excès de salaire versé aux salariés du privé.

Vous comprenez mieux maintenant pourquoi la création de postes de fonctionnaires accroît le chômage ?

 

Et que dire de l’effet de ces créations de postes de fonctionnaires sur la taille de la population active ? Les auteurs nous expliquent qu’ils sont ambigus. D’un côté les gens qui ne cherchaient même pas à travailler parce qu’ils étaient plus heureux à glander sans salaires vont être incités à rechercher un travail, étant donné que les salaires du secteur privé auront augmenté. De l’autre, la production de biens publics ayant augmenté du fait de l’augmentation du nombre de fonctionnaires, notre glandeur sera désincité à rechercher du travail, puisqu’il pourra profiter de jardins publics plus beaux et d’hôpitaux plus confortables sans faire d’avantage d’efforts. Mais pourquoi les salaires du secteur privé augmentent ? Tout simplement parce que les rendements d’échelles sont décroissants (cf. billets sur la question), or comme l’emploi diminue dans le privé suite à l’augmentation du nombre de fonctionnaires, les salariés étant moins nombreux auront forcément une productivité plus forte et pourront donc réclamer de plus hauts salaires. Oui car dans l’économie néoclassique, moins on produit plus on est productif, on fait des déséconomies d’échelles !

 

 

Voilà, vous avez plongé au cœur de la macroéconomie néoclassique contemporaine. L’écrasante majorité des articles de recherches publiés dans nos prestigieuses revues sont de cet acabit-là. D’ailleurs celui-ci a été publié dans une revue, Economic policy, qu’on qualifie de très bonne (classée 2 sur une échelle de 1 à 4, les meilleures revues étant classées 1). Vous pouvez donc constater comment une poignée de mystiques qui se pensent d’habiles scientifiques insultent chaque jour la pensée humaine, tels leurs glorieux prédécesseurs experts en craniométrie, en tentant par ce genre d’artifices théoriques de saper tous les fondements de l’Etat-providence.

 

Et on rira d’eux et de leur théorie un jour comme on rit aujourd’hui des théories racistes pseudo-scientifiques du XIXe siècle (cf. billet précédent). Je veux bien entendre n’importe quelle opinion, mais pas lorsqu’elle s’appuie sur des monuments de bêtises pareils.

 

 

PS : Yannick, je pense que si tu as dû lire tout l’article, tu n’as pas dû lire l’annexe dans lequel était présenté ce modèle sous sa forme mathématique. Or il est vrai que les auteurs en font une description beaucoup moins « explicite » au sein de leur article. Mais on ne peut que difficilement être d'accord avec ce genre de modèles.

 

PS(2) à Cyril Hédoin : vous allez me trouver un peu opiniâtre, mais j’attends toujours une réponse à mes questions. Pouvez-vous m’expliquer en quoi la différence entre ce modèle, typiquement néoclassique, et un modèle postkeynésien, est purement d’ordre « épistémologique » ? Et comment affirmer que la segmentation de la recherche en économie ne tient pas à un examen sérieux de ces différentes théories, quand on est abondamment et quotidiennement abreuvé de ce genre de débilités ? Le problème ne vient de ce que « trop d'économistes hétérodoxes se laissent aveugler par leur haine de l'économie de marché » comme vous l’écrivez (même si ce phénomène existe bien-sûr), mais de ce que l’écrasante majorité des macroéconomistes néoclassiques publient des articles de ce type, complètement absurdes. Mais on entend rarement dire qu’ils se laissent, eux, aveugler par leur haine de l’Etat-providence. Eux passent pour de respectables scientifiques.

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Published by Ette Rodox - dans Réactions
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commentaires

jean 29/03/2010 13:11


C'est précisément ce que fait l'économie néoclassique avec les fonctions de bien-être...


Ette Rodox 31/03/2010 21:31



Votre remarque est intéressante, mais il y a une grosse différence je pense. L'économie néoclassique fait l'aggrégation de fonctions de bonheur individuelles (qui sont elles-mêmes l'aggrégation
de différents paramètres). Tandis qu'il faudrait je pense calculer des fonctions de "bien-être" à partir de données macroéconomiques (comme les IDH, BIP 40, etc..)



jean 25/03/2010 20:53


@Ette Rodoxe:
Et comment on fait si ces objectifs sont contradictoires? (en particulier si on prend en compte un temps soit peu la quantité et la qualité des biens et des services produits)


Ette Rodox 29/03/2010 10:19


Oui bonne remarque (ou si on reprend par exemple le célèbre arbitrage chômage/inflation). Si les objectifs sont contradictoires on devrait en théorie être amené à construire des indices qui
synthétisent tout ça. Mais se pose dans la pratique la question de la pondération, etc.. or cette question est il me semble totalement politique. Du coup l'économiste devrait je pense se contenter
de caractériser les situations les plus favorables au bien-être et les arbitrages à faire et le politique accorder plus ou moins d'importance aux différents paramètres.


Evan 22/03/2010 08:23


Beaucoup d'éléments m'interpellent sur les critères utilisés pour "quantifier" le bien être, ils m'ont l'air trop réducteurs.
La sécurité de l'emploi ne rentre-t-elle pas en ligne de compte ? Qu'en est-il du pouvoir d'achat des agents et de l'allocation de bien être de base induit par la création de biens publics ? Le
chômeur dont le revenu est plus faible bénéficie-t-il de la même capacité à profiter des biens publics (car biens publics ne signifient pas biens gratuits) ?
Amartya Sen avait une vision bien moins réductrice du bien être dans sa manière de le modéliser, non ?

Par ailleurs, souvent il existe des rapports conflictuels entre plusieurs variables économiques (exemple: chômage/inflation, consommation/épargne, et j'en passe...). Les sciences économiques ne
devraient-elles pas avoir pour but d'arbitrer les différents objectifs que l'ensemble des politiques économiques pourraient viser ? L'exemple de la justification des emplois publics par leur
utilité est éminent, on ne crée pas d'emplois public dans l'unique but de réduire le chômage (même si la lutte contre le chômage est au centre des préoccupation des économistes Keynésiens). A
partir de là, pour jauger de la portée sur nos vies des politiques économiques proposées, ne faudrait-il pas nécessairement dégager une notion de bien être ou d'utilité (le but des politiques
économiques étant d'ajuster l'environnement structurel des agents afin de maximiser leur utilité ou leur bien-être) ?


Ette Rodox 24/03/2010 09:09


Oui je suis d'accord. Et je pense qu'il ne sert à rien de chercher à calculer le bonheur ou le bien-être, tout au plus les économistes devraient se contenter de caractériser les situations les plus
propices au bien-être des peuples (plein-emploi, inégalités modérées, services publics de qualité, etc.. etc..)


xavier 19/03/2010 18:56


@Yannick
Je viens d’aller lire votre article mis en lien. Je pense qu’une politique de création d’emplois publics ayant pour seul objectif de répondre au chômage n’a pas de sens. C’est bien, comme vous le
dites l’utilité pour la société, qui est le véritable critère pour juger du bien fondé de la création d’un emploi public. Passé ce point d’accord, l’argumentaire cherchant à démontrer que la
création d’emplois publics détruit un volume bien supérieur d’emplois privés est complètement inconsistant. Mais le pire de tout est le message sous jacent nous invitant – nous, non-économistes – à
nous abstenir de passer vos assertions au tamis du bon sens. Le bon sens est, à vos yeux, bien vulgaire. Pour vous, les sciences économiques ce sont des modèles, des outils statistiques mais
surtout pas de bon sens. Votre article corrobore votre définition.


Ette Rodox 20/03/2010 20:05


Je trouve votre commentaire très juste !


RST 19/03/2010 17:20


Le "bien-être" est visiblement une donnée importante dans l'étude. Ca se mesure comment, le "bien-être" ?

Est-ce que pour les auteurs de l’étude, un emploi dans le privé est équivalent à un emploi dans le secteur public ? Autrement dit, supposent-ils que l’on passe de l’un à l’autre sans autre forme de
procès ?


Ette Rodox 20/03/2010 20:05


Oui bonne question!, j'avais hésité à en parler.
Pour calculer le bien-être ils supposent que la quantité de biens publics produits par les fonctionnaires rapportent un certain bien-être, identique pour tous.
Et à cela ils ajoutent le bien-être procuré par les fait d'avoir un salaire. Et ils supposent tout simplement que si vous gagnez 20 de salaire alors ca vous rapporte 20 de bien-être.
Donc si les biens publics rapportent à chacun 10 de bien-être et que votre salaire est de 20, vous avez 30 de bien-être.
Tous les modèles néoclassiques raisonnent en terme de bien-être généralement. C'est d'ailleurs une différence avec les modèles hétérodoxes, dans lesquels on ne s'intéresse pas aux "bien-être"
proprement dit, mais au taux de chômage, au pouvoir d'achat, etc..

Et oui un emploi dans le privé est équivalent à un emploi dans le public en terme de bien-être. Gagner 20 dans le privé est équivalent à gagner 20 dans le public.