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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 14:01
C’est vendredi, alors aujourd’hui un billet un peu plus léger avec cette histoire-fiction (dont toute ressemblance avec la réalité ne serait bien évidemment que purement fortuite) :

un billet plus légerujourd'Imaginons :

 

Le monde est entièrement communiste. Un communisme original puisque, bien que toujours dirigiste sur le plan économique, il soit démocratique sur le plan politique.

 

Malheureusement, ce système fonctionne fort mal, la misère est la règle dans cette Humanité et l’environnement est sacrifié jusqu’à parfois atteindre des points de non-retour. S’attaquer à la misère humaine est déclaré prioritaire, mais la succession de beaux discours sur le sujet ne parvient à la faire diminuer, et la planète court à sa perte.

 

Un économiste mondialement reconnu écrivait d’ailleurs récemment à ce propos : « Aujourd'hui, le communisme, ça ne marche pas. Ca ne marche pas pour les pauvres du monde. Ca ne marche pas pour l'environnement. Ca ne marche pas pour la stabilité de l'économie mondiale. ».

 

Tout le monde a bien conscience que la situation n’est pas satisfaisante et que l’avenir pourrait même s’annoncer apocalyptique si l’on ne mène pas rapidement et vigoureusement une action internationale de protection de l’environnement :

 

- Les peuples, qui expriment leur mécontentement en votant quasi-systématiquement contre le parti au pouvoir aux élections. Seulement les Hommes politiques changent et les problèmes demeurent, alors de plus en plus de citoyens se détournent de cette liberté politique durement acquise.

 

- Et les gouvernements, qu’on accuse de tous les maux, mais qui souhaiteraient sincèrement pourtant améliorer la situation de leur peuple, ne serait-ce que parce qu’ils ne sont pas totalement cyniques. Et puis cela leur assurerait en outre popularité et réélection.

 

Malheureusement pour l’Humanité, la situation n’est pas si simple à résoudre, et cela les économistes l’ont bien compris.

 

Pas tous les économistes néanmoins, car il en existe quelques uns qui refusent encore d’admettre la réalité, prétendent que la résolution de ces problèmes est probablement beaucoup plus simple qu’on ne le croît et qu’il suffirait pour cela de mener des politiques économiques radicalement différentes de celles conduites jusqu’à présent.

 

Que préconisent par exemple ces économistes réfractaires ? Qu’en instaurant un minimum de concurrence au lieu de la centralisation actuelle, cela générerait une certaine émulation entre les entreprises, qui les obligeraient à innover et à accroître leur productivité, pour ne pas perdre des marchés désormais libres, ce qui devrait se traduire par une hausse de la production.

 

Mais ces propos agacent beaucoup les Marxistes, courant dominant de l’économie. Ces derniers reprochent à leurs détracteurs d’être des impérialistes ou des démagogues, qui n’auraient pas lu ou mal compris l’œuvre des grands maîtres de l’économie, et notamment celle de Marx. N’ont-ils donc pas lu qu’un tel système ne peut que générer de l’exploitation ? Un peu de concurrence aurait peut-être un effet bénéfique à court terme, mais à long terme c’est la baisse tendancielle du taux de profit et la crise finale de l’économie assurée, et nous serons tous perdants ! Une telle mesure constituerait un vrai retour en arrière, un retour à l’Europe du XIXe siècle. Est-ce vraiment cela que veulent ces prétendus économistes ??

 

Non, le problème est ailleurs, mais les économistes des courants minoritaires refusent de le regarder en face, car la vérité n’est pas toujours belle à dire, ni facile à accepter. Le problème c’est que malgré la révolution, malgré les réformes entreprises ces 30 dernières années, ils restent encore des capitalistes, des bourgeois qui profitent du système. Et c’est à ces catégories-là de la population que l’on doit s’attaquer si l’on souhaite retrouver le monde idéal décrit dans les manuels d’économie.

 

Car ce que l’on apprend dans presque toutes les universités du monde, ce qu’affirment tous les grands noms de l’économie (même les lauréats du très prestigieux Prix Engels de l’économie !), bref ce que dit la théorie, c’est qu’un tel système ne peut qu’apporter travail et prospérité à tout un chacun. Certes par définition la réalité est plus complexe que les modèles, mais depuis l’œuvre de pères fondateurs de l’économie, des milliers de modèles tentant d’intégrer toujours plus finement la réalité ont été bâti, des dizaines de milliers de tests économétriques ont été effectués, et ils confirment dans l’ensemble les conclusions des premiers modèles. Alors qu’on ne reproche pas aux économistes du courant dominant de ne pas tenir compte de la réalité !!

 

Récemment, le très renommé économiste Salaniovitch a ainsi démontré que 57%(1) des pauvres ne consommaient pas d’avantage tout simplement.. parce qu’ils n’en avaient pas envie. C’est donc que la misère n’est pas si grande que cela, ni la frustration provoquée par la précarité des conditions matérielles. On lui fit remarquer que si les pauvres pouvaient consommer d’avantage et ne le souhaitaient pas, ils devaient alors disposer de comptes bancaires bien garnis. Eh oui, à force de consommer moins que ce que leurs revenus leur permettaient, ils ont du accumuler une coquette somme d’argent. Or, un constat rapide indique que leurs comptes sont désespérément vides.

 

Pourtant un beau jour, un gouvernement un poil plus téméraire que les autres décide de libéraliser en douceur certains pans de son économie, en maintenant toutefois de nombreux garde-fous, une réglementation forte ainsi qu’un Etat actif. Et la production se mît à croître, le progrès à se diffuser, comme aucun économiste Marxiste ne l’aurait alors imaginé.

 

Les économistes prédirent alors que le pays en question bénéficiait de conditions particulières, qui justifiaient cette soudaine croissance, mais qu’il ne fallait pas se laisser berner, tout cela n’allait pas durer.

 

C’est pourtant ce qui se produit, l’économie continua à croître, le progrès à se diffuser et la qualité de vie des gens à s’améliorer. Petit à petit de plus en plus de pays se convertirent à se nouveau système, et le sort de l’Humanité et de la planète s’en trouva grandement amélioré.

 

Dans les livres d’histoire on ne parle plus maintenant de cette époque communiste comme d’une époque réellement insensée, au cours de laquelle la pauvreté et la surmortalité n’étaient souhaitées par personne, mais provoquées par la mauvaise interprétation que les experts en économie se faisaient de l’économie. Les étudiants qui apprennent cette période de l’histoire ne comprennent pas comment autant d’esprits aussi savants ont pu croire à cette histoire de crise finale du capitalisme. L’équation de la baisse tendancielle du taux de profit ne tenait pas la route, elle omet un certain nombre de phénomènes et notamment le fait que nous vivons dans une économie monétaire, que les profits sont réalisés en monnaie. Les enfants demanderont naïvement à leurs institutrices et instituteurs si les gens étaient « plus bêtes » à l’époque, et ces derniers essaieront de leur expliquer que tout cela n’est pas une question d’intelligence, mais qu’il est particulièrement difficile de s’extraire de la vision du monde que l’on s’est forgé, tout comme il aurait été difficile d’imaginer pour un Gaulois que le ciel ne pouvait pas tomber et pour un Homme médiéval que la Terre pouvait être autre chose que plate.

 

 

(1) cf. billet sur « une décomposition du non-emploi en France »

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Published by Heterodoxes - dans Divers
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