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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 11:20

 

Dans ce billet je vais tenter l’exercice (périlleux) de dire ce qu’un partisan de la monnaie endogène aurait pu proposer pour lutter contre l’inflation à la fin des années 70, à la place de la politique menée par le président de la FED de l’époque, Paul Volcker.


Mais, pour bien comprendre, commençons d’abord par un cas théorique.


Supposons une économie dans laquelle, pour une raison ou pour une autre, les prix augmentent trop vite au goût des dirigeants et des spécialistes de la question.


Que va proposer le partisan de la monnaie exogène ? De réduire l’offre de monnaie pour faire baisser l’inflation, car il considère que l’inflation est la conséquence d’une émission excessive de monnaie.


Que va proposer le partisan de la monnaie endogène ? De s’attaquer aux causes directes de l’inflation. Car pour lui l’augmentation de la masse monétaire n’est pas la cause mais plutôt la conséquence de l’augmentation générale des prix. Il va donc chercher à comprendre les raisons de l'augmentation des prix.


Si la monnaie n’est effectivement pas la cause de l’inflation, la première politique ne pourra que créer une récession (et envoyer arbitrairement une partie de la population active au chômage) en privant l’économie de la monnaie nécessaire à son bon fonctionnement. Ce qui ne sera pas le cas de la seconde.


Prenons maintenant l’exemple célèbre de la désinflation Volcker. A la fin des années 70, le taux d’inflation aux Etats-Unis est de plus de 10%, ce qui est jugé beaucoup trop important par la plupart des dirigeants politiques et des spécialistes de la question. Paul Volcker est alors nommé président de la FED, avec comme objectif principal la lutte contre l’inflation. Monétariste, il pense que la trop forte croissance de la masse monétaire est la principale cause de l’inflation et qu’il faut donc la ralentir, en menant une politique monétaire restrictive (via une augmentation des taux d’intérêt directeurs). Résultat : l’inflation est ramenée de 11% en 1979 à moins de 4% en 1982. Mais, le taux de croissance de l’économie est passé dans le même temps de 2,5% à -2,2% et le taux de chômage de 5,8 à presque 10%. Commence pour l’Europe et les Etats-Unis le début de ce qu’on a appelé les 30 piteuses, par opposition aux 30 glorieuses.


Un partisan de la monnaie endogène aurait probablement fait une analyse différente. Ce n’est pas parce que la quantité de monnaie augmente trop rapidement que l’inflation est forte, mais parce que l’inflation est forte que la quantité de monnaie augmente trop rapidement. Or pourquoi l’inflation est forte ?


D’une part, parce que les salariés demandent de trop fortes augmentations de salaires. Mais pourquoi le font-ils ? En grande partie parce qu’ils anticipent une rapide augmentation des prix.


D’autre part parce que les entreprises augmentent rapidement leur prix, notamment parce qu’elles anticipent une augmentation rapide de leurs coûts.


On est donc d’avantage dans un processus d’anticipations auto-réalisatrices (tous le gens pensent que les choses vont se passer comme ça et agissent en conséquence, ce qui fait que les choses se passent effectivement comme ça) que dans un problème structurel lié à l’excès d’offre de monnaie dans l’économie.


La diminution de l’offre de monnaie par un partisan de la monnaie exogène cassera cette spirale inflationniste, parce qu’elle provoquera une récession qui, du fait de la montée du chômage, modérera les prétentions salariales des salariés, et du fait de l’incapacité des entreprises à écouler leurs productions, diminuera leurs marges. Le prix à payer (récession, chômage) est fort pour réduire l’inflation. Comme on dit, on soigne la maladie en tuant le patient.


Un partisan de la monnaie endogène aurait à mon avis proposé à la place une sorte de grande négociation collective dans laquelle salariés et patrons s’engageaient respectivement à voir leurs salaires et prix augmenter à un certain taux et pas d’avantage (négociation qui n’a rien d’utopique et aurait probablement aboutit puisqu’elle est dans l’intérêt des deux parties). En modifiant ainsi les anticipations des uns et des autres, cause principale de l’inflation, le gouvernement pouvait ainsi espérer briser la spirale prix-salaires et voir les taux d’inflation baisser sans que cela provoque une récession.


Ces deux politiques révèlent, on le sent, deux manières différentes de concevoir l’économie. Dans un cas, on pense que le problème ne vient pas de l’économie elle-même, qui sait en toutes circonstances se réguler toute seule, mais d’un certain laxisme de l’autorité monétaire. Dans l’autre, on pense que le problème vient d’un défaut de coordination entre les différents agents économiques, qu’il faut par conséquent résoudre par leur concertation (ce que seule une autorité publique, ayant pour objectif l’intérêt général, peut permettre..). Dans un cas, l’action décentralisée de l’ensemble des agents économiques est toujours préférable à une intervention de l’Etat. Dans l’autre, si on considère que la décentralisation des décisions économiques est essentielle pour que fonctionne correctement une économie (et une démocratie..), on pense que dans certains cas, comme celui-là, une action temporaire de l’autorité publique peut être bénéfique. Dans un cas, une politique de relance de l’Etat, en injectant d’avantage d’argent dans l’économie, sera vue comme inflationniste. Dans l’autre, pas forcément (sauf si bien sûr il y a plein-emploi, mais alors une politique de relance ne sert plus à rien..).

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commentaires

MM 20/01/2011 15:22



@Ette Rodox


Désolé je n'avais pas vu votre réponse... Donc nous sommes d'accord pour ce qui est de l'intensité capitalistique et le coefficient de capital. Et je suis d'accord qu'elle n'influence pas
directement la part des profits :  la relation entre l'intensité capitalistique et la part des profits est a priori indéterminée. Tout dépend ici de l'écart entre productivité du travail et
salaire réel, ou encore entre croissance des gains de productivité et du salaire réel...



jean 02/12/2010 23:54



@MM:


Je n'ai jamais dit que j'étais pour le contrôle des prix. Je dis juste que l'approche préconisée par Ette Rodoxe requiert un tel contrôle. Comme vous l'indiquez, son efficacité dans la lutte
contre l'inflation est douteuse (effectivement les nuisances associées ne sont pas forcément proportionnelles à taille des chapitres qui leur sont consacrés dans les livres de 1ere année).


Sinon, je suis bien d'accord que le problème actuel n'est pas une inflation trop haute. (plutôt une inflation trop basse.)



MM 01/12/2010 00:39



Globalement, la plupart des modèles régulationnistes sont kaleckiens, donc si je dirais que la plupart des régulationnistes dirait oui à la loi de Kalecki. Ce n'est pas que cette relation (qui
est tout simplement une relation comptable améliorée) qui est discutée ou dont on va se demander si elle est vraie ou fausse en fonction des modes de régulation, mais plutôt la stabilité des
paramètres que sont les propensions à consommer, les élasticités de l'investissement au taux de profit, au taux d'intérêt, les secteurs moteurs (etc...) et la stabilité du régime d'accumulation,
autant de choses qui dépendent des formes institutionnelles et des compromis sociaux. Car les régulationnistes pensent sur le long terme, sur la stabilité des régimes de croissance, donc sur la
stabilité des "équilibres". Et globalement, un régime d'accumulation est nécessairement temporaire, et c'est même parfois la réussite d'un régime qui est la source de sa déstabilisation. Je
prends un exemple : si on prend l'égalité de Kalecki, il suffirait d'augmenter en permanence l'investissement pour augmenter les profits...Sauf que c'est vrai à court-moyen terme mais que si à
long terme on crée des capacités de production qui ne trouvent aucun débouchés à la consommation ou à l'exportation, ce capital accumulé finira par être dévalorisé. Et ensuite, quid si la
croissance de la demande ne s'accompagne pas d'une augmentation parallèle de la productivité ou des capacités de production? Alors, certes, il y a la loi de Kaldor-Verdoon et les effets smithiens
d'étendue du marché...mais il ne s'agit là pas d'une mécanique mais de phénomènes simplement possibles. Pourrais-je moi aussi vous poser une question simple : niez-vous que le coefficient de
capital puisse se modifier du fait de changement technique? Niez-vous que l'innovation et le changement technique ne sont pas une condition de la croissance et des profits? Car après tout, si je
prends l'expression habituelle du taux de profit et que je la modifie à peine (notations habituelles+U=taux d'utilisation, PL = productivité du travail ; k=intensité capitalistique) :


r = P/K = (1-w)Y/Ype.Ype/L.L/K = (1-w).U.PL/k


Par cette expression, on comprend bien que les gains de productivité et l'intensité capitalistique influencent le taux de profit sur longue période. Alors certes, le taux d'investissement et la
propension à consommer des capitalistes déterminent U, mais je vois mal comment on peut nier que "l'offre" ne joue pas un peu. Précisons que sur ce point, il y a eu pas mal d'articles et débats
entre postkeynésiens et marxistes.


Pour ma part, j'ajouterais que cette loi de Kalecki ne fait pas assez apparaître le problème du coût d'usage, donc qu'elle ne distingue pas assez entre investissement net et brut. Un
investissement ne se transforme pas toujours en investissement net : s'il y a suraccumulation ou une concurrence trop vive, l'obsolescence du capital s'accélère, le capital se dévalorise et les
charges d'amortissement viennent grever les profits...


 



Ette Rodox 02/12/2010 16:47



Super intéressant. (Mais je rappelle que j'adhère en grande partie à la théorie de la régulation. L'article de 79 de Boyer, Benassy, Boyer, Gelpi est un des articles les plus éclairants que j'ai
pu lire sur l'économie, d'ailleurs je l'avais cité dans un de mes tous premiers billets). Pour votre question, j'essaie d'y répondre ce we !


Re, alors pour répondre (dzl assez brièvement) à vos questions :


niez-vous que le coefficient de capital puisse se modifier du fait de changement technique?


Non, je ne le "nie" pas.


Niez-vous que l'innovation et le changement technique ne sont pas une condition de la croissance et des profits?


Que l'intensité capitalistique influence les taux de profit (profit/K), tout à fait d'accord. Par contre, je ne crois pas qu'elle influence la part des profits dans le revenu national profit/Y.
Etes-vous d'accord ?



MM 28/11/2010 12:09



@ Ette Rodox


Que proposerait un régulationniste? Voilà une bonne question et il n'y a pas de réponse simple à cette question, pour la bonne est simple raison que les régulationnistes savent que l'action de
l'Etat est en partie endogène et contrainte par les compromis politiques et sociaux. Ce que disent les régulationnistes, c'est qu'une crise structurelle ne peut être résolue sans des
transformations structurelles du mode de régulation, qui supposent qu'un compromis politique soit trouvé et institutionnalisé. Je dis bien compromis (c'est-à-dire que les intérêts sont opposés)
et pas consensus et ce que l'on sait, c'est que ce compromis obéit à des logiques politiques autant qu'économiques et que donc il est impossible de savoir à l'avance la forme qu'il prendra. Donc,
en effet, cela peut vouloir dire des négociations collectives, mais la "solution" est toujours à réinventer. Il est clair qu'une sortie de crise suppose toujours des transformations
profondes des relations financières, du rapport salarial, des formes de la concurrence...et qu'au final cela suppose toujours ou presque une intervention étatique. Mais il n'y a pas de solution
universelle, car chaque crise est la crise d'un régime de croissance dont les formes institutionnelles sont des inventions particulières de l'histoire. Si on se translate à l'époque, les
syndicats auraient-ils pu accepter une solution d'acceptation du type que vous proposez? Ben, d'un strict point de vue politique, c'est très compliqué, car vous risquez de perdre le soutien de
vos adhérents et de la crédibilité. En plus, accepter trop facilement est toujours une indication pour le camp d'en face d'attaquer à nouveau à tout moment, car on sait que l'ennemi va
plier. Ensuite, dans le contexte de l'époque est-ce que la solution aurait été suffisante? L'un des problèmes qui se posait était que les salariés supportaient de moins en moins le mode
d'organisation fordien-taylorien, ce qui se traduisait par un turn over énorme et une multiplication des incidents techniques. Les salariés demandaient à voir leurs compétences et qualifications
reconnues, et de revenir en partie sur cette division du travail abrutissante. Du coup, la productivité avait commencé à croître moins vite à partir de 1968 environ. Donc, la transformation du
rapport salarial aurait nécessairement dû être plus globale, ce qu'elle fut effectivement (mais dans un sens défavorable aux salariés : flexibilisation accrue, une responsabilité plus grande sans
pour autant les moyens de ces responsabilités, "toyotisme", polyvalence plus grande des salariés, et en même temps pression plus forte sur les salariés couplée à une stagnation relative des
salaires...). De plus, la relance keynésienne n'aurait pas pu être pleinement efficace, cela s'est vérifié empiriquement (échec des relances Chirac, puis Mauroy) et se justifie théoriquement : le
régime d'accumulation avait amené à une hausse du niveau de vie et du taux d'équipement des ménages, les poussant à une demande plus variée (recherche de qualité, différenciation
des produits etc...) et plus orientée vers les services. Donc l'extraction de profit tirée par les gains de productivité liés aux économies d'échelle et volumes s'avérait plus
difficile, ce qui limitait l'efficacité de la relance comme d'ailleurs l'ouverture extérieure qui avait progressée à cause de la CEE, de la fin du système de Bretton Woods et de l'arrivée aux
limites du régime d'accumulation fordiste. Je précise que le ratio de crise keynésien (I/F) s'était affaibli régulièrement avant "le choc" pétrolier, depuis environ 5 ans. Donc je l'affirme
: c'était bien une crise structurelle, pas une simple crise conjoncturelle...comme d'ailleurs la crise actuelle. Donc la "déconstruction" du rapport salarial qui a commencé à s'opérer dans les
années 80 (et précédées par la montée du chômage) n'était pas en elle-même suffisante. Car la déconstruction du rapport salarial fordiste impliquait nécessairement la déconstruction de tout
l'édifice institutionnel (régime monétaire, financier, d'insertion internationale, de concurrence...), pour faire émerger un régime (temporairement) cohérent. On sait aujourd'hui que ce régime
d'accumulation financiarisé ne pouvait être soutenable, mais plusieurs papiers de Boyer, Aglietta, Chesnais prévoyaient une telle fin depuis pas mal de temps, ce qui me fait dire que la crise
actuelle est la crise de la solution(néolibérale) de sortie de crise inventée pour le fordisme. Alors, qu'on se comprenne bien : oui des négociations collectives sont nécessaires, mais
encore faut-il que le mode de régulation qui soit inventé puisse "soutenir" le régime d'accumulation, ce qui est très difficile à prévoir à l'avance, puisque cela dépend de complémentarités
institutionnelles, donc d'effets de système. Des solutions de petite ampleur n'ont de sens que lors de petites crises, pas lors de crises structurelles d'un mode de régulation ou d'un régime
d'accumulation. Si cette interprétation régulationniste de la crise ne vous satisfait pas, alors je vous encourage à écrire un article prouvant que ce qu'ils disent est faux, mais sachez tout de
même qu'il y a eu beaucoup d'études empiriques sur la question.


@Jean et Ette Rodox


Sur le contrôle des prix : je n'ai jamais rien dessus, donc j'éviterais de faire des leçons, mais je rappellerai que le contrôle des prix a existé en France longtemps jusqu'à la fin des
années 50, ce qui n'a pas empêché une croissance forte, mais je n'ai pas eu l'impression que cela ait eu beaucoup d'effets sur l'inflation. Enfin, il me semble qu'il faudrait
vérifier les études empiriques sur cette période si elles existent...ou les mener, pour se faire une idée, tout en sachant que l'on vit dans un monde qui n'a rien à voir avec celui de
l'époque. De toute manière, je trouve que cette question a relativement peu d'intérêt, dans la mesure où nous ne sommes pas dans une situation qui doit faire craindre énormément l'inflation : la
concurrence internationale, le chômage et les taux d'utilisation des capacités poussent les salaires et les prix à la baisse ; l'essentiel de la création monétaire sert à alimenter la
spéculation sur les marchés d'actifs et la hausse de la préférence pour la liquidité(ce qui fait d'ailleurs que la vitesse de circulation de la monnaie n'est absolument pas stable...je rappelle
que François Morin a montré que 97% des transactions interbancaires mondiales sont des opérations financières). Je sais que certains créent des cries d'horreur face aux créations monétaires mises
en oeuvre par les BC au cours de cette crise, mais comme la PPL a fortement augmenté, il est peu probable que cela se traduise par une inflation des marchandises. Le risque est plutôt l'inflation
sur le prix des actifs, amenant encore des risques de crises, et éventuellement (et en partie par ricochet) une inflation tirée par le prix des matières premières (et probablement l'immobilier).



Ette Rodox 29/11/2010 18:37



D'acord, merci. Votre commentaire me donne envie de vous poser 2 nouvelles questions :


1/ Etes-vous d'accord avec la loi des profits de Kalecki ?


2/ Si oui, pensez-vous que cette loi reste vraie quel que soit le mode de régulation, tel que défini par la théorie de la régulation ?



jean 27/11/2010 17:46



Je ne sais nullement si une négociation collective aurait permis de réduire l'inflation. Les grandes négociations collectives 1936 et 1968 ont en général conduit à une grosse poussée d'inflation
(encore que celle de 1936 a poussé à la dévaluation dont la France avait besoin).


De plus, il y a une grande asymétrie entre les travailleurs et les entreprises: alors qu'il est assez facile d'encadrer la progression des salaires (encore qu'il y ait beaucoup ), le contrôle des
prix est nettement plus difficile et a des effets pernicieux assez rapidement. Ce qui fait qu'au final, ce sont également les salariés qui payent les coûts de l'ajustement. Par ailleurs, il faut
aussi rappeler que la désinflation -au moins en France- est aussi passé par la désindexation des salaires, qui peut être vue comme une mesure s'apparentant à celle que vous décrivez.


Qui plus est, il est faux de dire que les économistes du courant dominant n'avait pas pensé aux anticipations, bien au contraire. C'était l'argument de Lucas: si l'objectif de désinflation était
proclamé de manière crédible et publique, les entreprises réduiraient spontanément la progression de leurs prix et les salariés leurs exigences salariales. Manifestement, cela n'a pas marché et
il a fallu passé par une phase de chômage. Je crois qu'en revanche, Vockler aurait pû procéder de façon plus progressive.



Ette Rodox 27/11/2010 19:28



La négociation collective de 1936 avait pour objectif affichée l'amélioration des conditions de vie des ouvriers et une réponse à l'atonie de la demande par un accroissement des salaires ce qui
explique l'inflation qu'elle a pu engendrée. Qui plus est le contexte était très différent, puisque que déflationniste plus qu'inflationniste. Dans les années 70, l'objectif aurait principal
aurait été le ralentissement des prix et de l'inflation.


Le contrôle des prix est compliqué, je suis d'accord. Mais quand on voit le niveau de complexité de la PAC où l'on doit connaître la situation précise de chaque agriculteur dans tous les pays
d'Europe, on se dit qu'un contrôle temporaire assez fin des prix doit être possible (ou on peut imaginer des dispositifs, du type de celui proposé par Vickrey).


La simple désindexation des salaires, c'est quand même différent de ce que je propose, ce serait plutôt l'indexation des salaires sur des prix qui croissent moins vite.


L'anticipation est au centre de la théorie de Lucas je suis d'accord, mais peut-on dire qu'on parle de la même anticipation, je ne crois pas. Ce qu'anticipent les agents chez Lucas, ce sont les
excès ou les restrictions de la politique monétaire dans un modèle avec monnaie exogène, ici l'inflation ne vient pas de ce que les agents anticipent un excès de monnaie, mais un accroissement
rapide des prix et salaires. C'est à cela que les économistes du courant dominant n'ont pas pensé. (il serait intéressant de faire un billet sur la macro de lucas, je garde l'idée dans un coin de
l'esprit).